Présentation

Journées d’étude – Baroque et art contemporain

Du 24 avr au 24 avr 2008 Cneai=

Suite à leur résidence sur la Maison Flottante, les écrivains Arno Bertina et Mathieu Larnaudie, fondateurs de la revue "Inculte", ont organisé au Cneai= trois journées d'étude consacrées à la notion de baroque dans l'art contemporain.

Une revue littéraire en résidence sur la Maison flottante

La revue « Inculte », consacrée à la littérature et à la pensée contemporaine, et le groupe d’écrivains, traducteurs et essayistes qui lui donnent naissance en 2004, fait l’objet d’une invitation pour un séminaire de recherche d’une durée de trois jours. Remarquée pour sa vision éditoriale originale, la revue pratique le cross-over disciplinaire et additionne les signatures prometteuses ou douées pour « théoriser en incultes ».

Le projet « Baroque » conduit par les écrivains Arno Bertina et Mathieu Larnaudie articule un travail éditorial collectif dont l’objet est l’exploration d’une réinscription contemporaine de la notion esthétique de baroque dans la musique, les arts visuels mais aussi dans la littérature – confrontée à sa relation malaisée et complexe avec des œuvres, un régime et une pensée postmoderne déroutante, prégnante et toujours opérante.

L’idée générale pour le collectif Inculte consiste à vouloir montrer que quelque chose de cette esthétique baroque et de son énergie se trouve en quelque sorte réactualisé. Lecteurs d’écrivains tels qu’Antoine Volodine, Valère Novarina ou Bernard Lamarche-Vadel, il leur apparaît que le mot baroque permet de nommer des forces à l’œuvre dans leurs livres, restées sans nom et donc sans existence dans les commentaires circulant sur leur travail comme sur l’époque. Ainsi des caractéristiques telles que le mouvement (dans le roman et dans la phrase), un certain régime identitaire (des personnages ou du roman lui-même) défini par le goût de l’impureté (des intentions comme du matériau) et le jeu avec les lignes (du cadre, du genre) semblent être devenues les ressources d’une certaine littérature contemporaine.


Trois jours consacrés à l’idée de baroque

Cette intuition est ainsi mise à l’épreuve par l’examen de motifs récurrents et traits propres au baroque et à leur présence dans des exemples contemporains précis. L’organisation des communications et débats s’organise durant trois journées d’étude non consécutives.

Le statut des identités et des hiérarchies (vendredi 28 mars 2008) :

  • « Du baroque », d’Eugénio d’Ors par Mathieu Larnaudie ;
  • « Theatrum Philosophicum », in « Dits et Ecrits II » de Michel Foucault par Stéphane Legrand (le texte choisi commente deux livres de Deleuze « Différence et répétition » et « Logique du sens ») ;
  • « La Petite fille aux allumettes » du compositeur allemand Helmut Lachenmann par Bastien Gallet ;
  • « Cinéma » de Tanguy Viel par Johan Faerber ;
  • « Lisbonne dernière marge » d’Antoine Volodine par Arno Bertina.

La forme ouverte, les limites (lundi 12 mai 2008) :

  • « Barroco » de Severo Sarduy par Mathieu Larnaudie ;
  • « Concrescence d’un mouvement baroque, finitude et vitesse dans la série télé Extras de Ricky Gervais » par Maël Le Garrec ;
  • « La Scène » de Valère Novarina par Arno Bertina ;
  • « L’installation sonore en tant que forme ouverte, à travers les œuvres d’Alvin Lucier, Max Neuhaus et Janet Cardiff » par Bastien Gallet ;
  • « Redacted » de Brian de Palma par Johan Faerber.

La vitesse, le pli (vendredi 04 juillet 2008) :
Dans la suite de ce qui a déjà été posé, il semble en effet nécessaire d’étudier la question des modalités de la vitesse dans les œuvres contemporaines. Or ce thème gagne certainement en puissance, envisagé sous l’angle du pli. L’inflexion est chez Deleuze la condition de l’événement. Comment cette inflexion génère-t-elle de la vitesse, comment les œuvres se retrouvent-elles à un moment dans un pli et comment ce pli devient-il la condition d’une accélération de leur processus interne, de leur mécanique ?

  • « La rhétorique comme accélération vers la matière, à partir de Chaussures de Nathalie Quintane » par Johan Faerber ;
  • « Une sémantique de blocs, vitesse et ellipse dans l’écriture d’Olivier Cadiot » par Mathieu Larnaudie ;
  • « L’inflexion, concept deleuzien » par Stéphane Legrand ;
  • « Le rapport accélération/sédimentation dans l’œuvre de FY Jeannet » par Arno Bertina ;
  • « Les volutes syntaxiques dans Pas de deux de Pierre Parlant » par Maël Le Garrec.

Médium

Par ailleurs et sollicitant également les écrivains Arno Bertina et Mathieu Larnaudie, un autre projet d’écriture intitulé « Médium » est initié par l’artiste Étienne Chambaud, qui a fait du langage un matériau de ses expositions et de l’écriture, le médium d’une relation spécifique.

« Médium » est une idée éditoriale visant à exploiter les possibilités narratives d’une situation fictionnelle qui consiste à inviter un auteur à s’adresser à un auteur disparu. L’œuvre écrite est ensuite proposée pour publication dans différents supports imprimés, revues et magazines.
Arno Bertina s’adresse ainsi à Henri David Thoreau et à John Muir pour « Médium n°5 » et Mathieu Larnaudie à Etienne de la Boétie pour « Médium n°7 ».
Leurs textes sont respectivement publiés dans le numéro 20 du magazine « Art 21 » et un numéro de la revue « Inculte ».

Plus d’informations sur la revue Inculte ici.

Plus d’informations sur la résidence d’Arno Bertina et Mathieu Larnaudie à la Maison Flottante ici.

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