Exposition

THE WALLS – Une exposition du livre

Du 16 oct. au 16 déc. 2022 Cité internationale universitaire de Paris

THE WALLS transpose BELLE VUE sur les cimaises en explorant les différents niveaux de la réalité, de sa reproduction et de son enregistrement.

Inauguration : Dimanche 16 octobre 15h – 20h

BANQUET
Sculptures comestibles de Kasper Hesselbjerg par la cheffe Sarah Tyler, en collaboration avec Antonin Simon :
Œuf au vin (Pre-), Divination Liver (Pain au foie), Fortune Cookies (Have as Many as You Like), Monster Energy Drink Delivered by UberEats

À l’occasion de l’exposition THE WALLS du Cneai, Kasper Hesselbjerg présente quatre nouvelles sculptures comestibles en collaboration avec la cheffe Sarah Tyler et Antonin Simon. Chaque plat constitue également une ‘image’ pour sa série de collages en cours Chocolate Chip Sea Cucumber Atlas, qui aborde la question de savoir comment la différence, la similitude et, peut-être plus important encore, la distance jouent un rôle dans la création de sens. Ainsi, ces plats sont cuisinés pour faire partie d’une nouvelle pensée discursive et spéculative non nécessairement liée à la cosmologie d’où ils proviennent habituellement. Les quatre nouveaux plats évoquent des façons d’imaginer l’avenir. Un Œuf au vin en guise de pré-coq au vin, un potentiel, à venir, ou peut-être sacrifié avant terme. Un canapé de foie d’inspiration étrusque pour les haruspices d’aujourd’hui. Une fortune appropriée à volonté, et un regain d’énergie pour devenir indépendant dans un avenir déterminé par la pensée algorithmique, sans bénéfices pour la santé.

Walls
Dix murs sous formes de double-pages explorent les trois niveaux de capture de la réalité, de sa reproduction et de son enregistrement : le numérique, le réel et la reproduction.
Avec des œuvres de François Aubart, Fia Backström, James Lee Byars, Continuous Project, Koenraad Dedobbeleer, Documentation Céline Duval, Pascal Doury, Peter Downsbrough, Antoine Duchenet, Jacob Fabricius, Jef Geys, Nicolas Giraud, Thomas Hirschhorn, Karl Holmqvist, Manuel Joseph, David Jourdan, Ben Kinmont, Alison Knowles, Ferdinand Kriwet, Lefevre Jean-Claude, Christophe Lemaitre, M/M (Paris), Clara Meister, Aleksandra Mir, Vera Molnár, Antoni Muntadas, Camille Pageard, Aurélie Pétrel, Seth Price, Conny Purtill, Lee Ranaldo, Allen Ruppersberg, Claude Rutault, Yann Sérandour, Leah Singer, Tatiana Trouvé, Julie Vayssière, et al. 

SECONDroom
par Christophe Floré et Antoine Duchenet
Série de cartes postales réalisées par des artistes ayant contribué aux recherches du Cneai : A Constructed World, Koenraad Dedobbeleer, documentation Céline Duval, Conny Purtill, Lee Ranaldo et Leah Singer.
Une collaboration SECONDroom x Cneai

Littérature d’exposition
Un classeur de Lefevre Jean Claude. (Éd. cneai =)

Un kiosque d’éditions libres
Nicholas Vargelis, Martin Desinde, Belle Vue (Copie), Installation/Performance, 2022.
Le Kiosque Belle Vue (copie) est un atelier d’auto-édition libre qui permet aux visiteur·euse·s de l’exposition THE WALLS de réaliser un bootleg gratuit de l’ouvrage BELLE VUE. Nicholas Vargelis et Martin Desinde proposent, en complément d’une sélection de doubles pages du livre, un service d’écrivain public pour permettre aux visiteur·euse·s de révéler leurs propres réflexions et impressions sur l’exposition. Dans la continuité des réflexions abordées dans BELLE VUE, Nicholas Vargelis et Martin Desinde pensent l’espace éditorial de Belle Vue (Copie) comme un prolongement de l’espace d’exposition.
Ouvert à toutes et tous les mercredis et sur rendez-vous: edition@cneai.com

THE WALLS
L’exposition de l’automne du Cneai, THE WALLS, explore les trois niveaux de capture de la réalité, de sa reproduction et de son enregistrement : le numérique, le réel et la reproduction. Elle vise à rompre la hiérarchie des valeurs entre ceux qui font l’œuvre et ceux qui la valorisent. En indifférenciant l’œuvre et ce qui l’entoure (document, théorie, inspiration, critique…), cette exposition prend à revers les questions hiérarchiques qui opposent l’objet et les dispositifs de sa valorisation. Puisque tous les éléments qui participent à l’élaboration d’une exposition déterminent sa réception, ce qui fait l’œuvre et les commentaires qui l’entourent sont exposés au même titre sur le mur. Cette équivalence laisse à chacun·e la liberté de déterminer la valeur à donner aux choses.

THE WALLS expose un territoire de création intense mais discret, collaboratif par essence, masqué par les positions spectaculaires du marché mondial. Pour tenter de résoudre l’ambiguïté d’un contexte artistique en crise qui tarde à s’adapter aux mutations du monde contemporain, une génération de curateurs et d’artistes a développé de nouveaux champs de production. Des pratiques artistiques à faible valeur ajoutée, des acteurs transdisciplinaires, des autorités partagées, des circuits courts de diffusion, des organisations participatives, un ancrage dans l’actualité technologique, qui se révèlent par une volonté de publier, c’est à dire de rendre public.

Animés d’un besoin de contemporanéité, ces « éditeurs » qui sont aussi artistes, curateurs ou graphistes, écrivent une histoire de l’art parallèle, ajustée aux urgences artistiques actuelles : fluidité, réseau, complexité des sources et des échanges, partage de l’autorité, nouvelles formes de transmission, pratiques artistiques métissées de création et d’interprétation. Ils occupent un champ d’expérimentation multimodal et se jouent des frontières entre visuel, son, écrit, image numérique et image en mouvement, ainsi que des discriminations entre document, commentaire et action artistique.

Comme à chaque étape de l’histoire de l’art, l’apparition de nouvelles techniques de production et de diffusion a modifié les expériences artistiques. Souvent mixtes, elles n’obéissent plus à une géographie de l’exclusion entre celui qui créé l’objet (l’artiste), celui qui valorise l’objet (le curateur) et celui qui acquiert l’objet (le collectionneur). THE WALLS analyse les insertions d’autorité à l’œuvre lorsque les rôles d’auteurs, éditeurs, collectionneurs, curateurs, distributeurs, chercheurs…, sont tour à tour joués par les mêmes et contribuent au rafraîchissement de l’opération artistique à chaque étape de la chaîne recherche-production-diffusion-collection.

Ces formes artistiques de dissémination initiées dans les années 1960 via le livre d’artiste, l’art de la partition et du protocole, sont au croisement de l’information et de la performance. Elles intègrent l’opération de diffusion dès leur conception., décloisonnent le principe de spécialisation culturelle et, sans remettre en cause l’acte artistique, enrayent les mécanismes marchands de légitimation de l’art. On imagine mal l’envergure actuelle de ce champ artistique. À l’opposé d’un réseau marginal, d’un mouvement esthétique ou thématique, ou d’une aventure militante, ce véritable champ de recherche se nourrit de la nouvelle offre technologique et du besoin de remettre en cause les standards éculés de diffusion artistique.

Consacré à l’art publié, au geste, à l’œuvre-média, le Cneai est un point de tension sur un territoire en action, un lieu d’investigation du contemporain. Si publier signifie étymologiquement rendre public, on comprendra que les modes d’exposition, de transmission, de diffusion et de réception des œuvres furent trois indices fondamentaux de l’activité. Car l’assimilation de l’art au produit de luxe a pour conséquence ultime, l’oubli ou la marginalisation du désir d’émancipation par l’art et le savoir.

Infos pratiques

{Inauguration : Dimanche 16 octobre 15h - 20h
Exposition du 16 octobre au 16 décembre 2022 - Mercredi à samedi de 14h à 18h}